Interview for Spooky Radio - 03/2005

1. Depuis le début du projet (vers mi 2003) beaucoup de temps a passé, aurais-tu pensé arriver à fournir 3 démos en si peu de temps ?
Zorch : En fait il s’agit vraiment de démos. Surtout pour les deux premiers « ensembles » que sont Short Cuts et R-Evolution.  J’y ai jeté des tas de pistes de travail, sans soucis de cohérence. C’était histoire de regrouper ces morceaux et de livrer aux auditeurs sous une forme un peu plus sympathiques que de simples fichiers en vrac. Les deux sont faits un peu du même amalgame, mélange de toutes les influences qui m’habitent en même temps qu’ils illustrent mes premiers pas et expériences dans le domaine de la musique assistée par ordinateur. Le dernier EP quant à lui constitue le premier effort pour concevoir quelque chose de plus cohérent à tous points de vue.

2. Ce qui me surprend le plus est quand même de se dire que tu as tout produit tout seul, j’entend par là que tu ne fus pas épaulé par un guitariste, un bassiste ou un batteur, non tu as fait tout le boulot seul. Cela ne fut pas trop difficile, car pour cela tu devais avoir une idée très précise des compos en tête, non ?
Zorch : Je commencerai par faire la même réponse qu’à la question précédente : ce sont des démos. Autant que du point de vue technique, ce sont des pistes d’explorations « sonores ». Je me suis donc essayé à tous les instruments que j’avais sous la main., à différentes façon de travailler le rythme, avec une batterie, avec boîte à rythme, etc.
La plupart du temps quand j’ai une idée de riff je l’enregistre immédiatement pour ne pas la perdre et, si ça vient, je rajoute les autres lignes. Aujourd’hui je travaille encore comme ça sauf que je sais que je ne jouerai pas tout par la suite. Beaucoup des anciennes compos ont été composées sur ce principe, à la différence qu’étant seul je me préoccupais peu des structures. C’était au feeling et à l’instinct. Pour le meilleur et pour le pire.

3. Je vois que tu dédies ta page de remerciement à ta fille, Marion. Apprécies t’elle ta musique ?
Zorch : Heureusement oui ! Enfin pas tout. Disons qu’elle a ses morceaux préférés, pas forcément les plus énervés mais bon. C’est déjà bien d’avoir son soutien ! Elle n’a que 10 ans. J’ai réussi une chose incroyable d’ailleurs, la convertir à Neva. Sa chanson préféré : Louchald !

4. Je constate que tu as déjà entrepris quelques covers (un des Cure et l’autre des Misfits), as-tu d’autres projets de reprises en tête ?
Zorch : Oui j’aimerai faire une reprise des Cure façon Misfits hehe. Plus sérieusement nous avons quelques envies de reprises. D’une part pour étoffer un peu le répertoire du groupe, soyons honnêtes, mais aussi pour nous faire plaisir et rendre hommage à des artistes ou des morceaux de référence. Tous ces projets sont donc dans nos têtes.

5. En surfant sur ton espace myspace, je remarque que tu as des contacts un peu partout et très variés (allant des Deep Eynde aux Punish Yourself sans oublier Dinah Cancer et les Penis Flytrap etc.), tu as des pieds d’attaches de toute part, est-ce par esprit de promotion ou plutôt par intérêt pour les groupes ?
Zorch : C’est presque ça ! D’abord par intérêt pour les groupes qui sont autant d’artiste auxquels j’aime me référer. Ensuite par esprit de « promotion » mais loin de la teneur marketing du terme. C’est de la promotion pour la musique, en faveur du partage d’une passion commune et d’une façon de concevoir cette activité. Aujourd’hui les communautés les plus underground et indépendantes ont la chance avec internet de pouvoir tisser des liens solides, de partager des ressources, de l’information de manière très libre… En plus j’ai noué des liens d’amitié avec pas mal de personnes autour du monde c’est vrai… Et ça va au-delà de Zorch Factor et de ce que cela implique au niveau de la vie du groupe.

6. Maintenant, Zorch Factor n’est plus constitué que de Zorch, 3 nouveaux membres - et amis si je ne m’abuse - t’ont rejoint sur ton projet. Qu’est-ce qui a fait que tu éprouves le besoin de t’entourer d’autres musiciens maintenant ?
Zorch : Je n’éprouves pas le besoin de m’entourer. En fait j’ai connu Nico et Thoms au sein de Sleeping Children et on est devenus bons amis. On partage plein de choses ensemble pas seulement musicalement. On voulait refaire de la musique ensemble. Zorch Factor avec son embryon d’existence, de compositions semblait la coquille parfaite à habiter pour donner forme à cette envie. Thoms m’a fait rencontrer JP lors de concerts et un ami de plus à intégré la formation !

7. Tu m’avais avoué que pour l’instant, malgré le line-up tout frais vous travaillez tes anciens travaux. Le résultat est-il convaincant ?
Zorch : Absolument. Même si tous les morceaux ne sont pas réexploitables du fait de leur structure trop irrégulière. Ce qui est fort dommage. En revanche beaucoup sont actuellement retravaillés et cela se passe très bien ! Deux raisons principales au fait de rejouer ces morceaux. Tout d’abord on est tous d’accord pour le faire et pour dire que certains morceaux en valent la peine. Deuxièmement afin de nous constituer un répertoire plus rapidement avec des compos prêtes.

8. Alors que ton projet est passé d’un membre à 4, penses-tu que cela va changer la sonorité Zorch Factor ? Eventuellement être influencé par les goûts musicaux des autres musiciens, si oui ne redoutes pas qu’une partie de ton public ne suive pas ?
Zorch : C’est possible que cela fasse évoluer la sonorité. Et tant mieux. Les morceaux garderont l’esprit je pense. Mais ce projet est devenu groupe. Chacun doit s’y épanouir et faire part de ses envies. C’est ouvert. Dans certains nouveaux morceaux les paroles ont été composées par des amis. La musique ça se partage. Quant au public, je ne redoute rien. On partage des goûts musicaux divers mais centrés autour de quelques valeurs communes qui sont sûres !

9. Je vois sur ton guest book que les commentaires et avis sont très flatteurs, tout comme sur myspace, pourtant ta musique est très spéciale, démente certes, mais tout de même influencée par énormément de styles différents, t’attendais-tu a une aussi bonne entrée en contact avec le public ?
Zorch : Honnêtement non ! En fait je recommence ma litanie mais au départ ce sont des idées de riffs, de rythme, de paroles que j’ai figé et que j’ai décidé un peu par jeu au début de faire partager sur internet. Ayant de bons échos, souvent de la part d’amis bienveillants hehe, j’ai décidé de persévérer, jusqu’à concrétiser cela de manière plus sérieuse et de m’inscrire sur des sites pour rencontrer un public n’ayant jamais eu vent ce projet et ne me connaissant pas comme myspace.com. Cela a progressé et c’est vrai que les bons échos continus reçus pour Zorch Factor mais aussi le side-project Vertigo Smile m’ont encouragé et nous donne maintenant envie de continuer en tant que groupe.

10. A ce propos, je t’ai déjà confié que ma mère (de 56 ans tout de même) apprécie beaucoup ce que tu as fait jusqu’à présent, pensais-tu arriver à toucher un publique aussi large ? Ou à l’inverse tu t’attendais plutôt à viser un groupe d’auditeurs bien précis ?
Zorch : En fait c’est assez étrange parce que l’éclectisme des compositions a fait que j’ai toujours touché des publics assez divers avec des chansons plus lyriques, d’autres manquant franchement de finesse, certains speeds d’autres non, avec une claire ou pas etc. Donc c’est très bien. J’aimerai toucher un public qui partage mes goûts musicaux, certes larges, mais si cela va au-delà tant mieux.

11.  A cet instant, quels sont les espoirs, rêves, craintes ou que sais-je de Zorch Factor ?
Zorch : Aucune crainte en particulier. Ce qui compte c’est d’essayer pour ne pas avoir de regrets plus tard . Des espoirs. Oui quelques uns : enregistrer un album, refaire de la scène. Ce sera déjà pas mal. Des rêves… Je ne sais pas… Ouvrir pour un de nos groupes cultes…

12. Dans un plus court délai, mettons d’ici la fin de l’année 2005, quelles sont les choses que tu aimerais porter à bien pour ton projet ?
Zorch : Soyons pragmatique. Enregistrer une bonne démo qui donne un sens à Zorch Factor le groupe, c’est à dire voyant la participation de chacun. Et puis constituer un répertoire assez rapidement pour pouvoir refaire de la scène !

13. Et voilà, maintenant je crois avoir assez usé de ton temps. Le mot de la fin est tien !
Zorch : Une petite citation (approximative) des Béruriers Noirs : « vous aussi prenez des instruments et formez des groupes de rock libres !!! »

Interview by Steven for Spooky Radio - March 2005
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